Avant l’orage, nous passions tous les étés dans cette maison dont mes parents étaient tombés amoureux. Puis plus rien, ces jours heureux ont été comme oubliés.
 Trente ans après, je suis revenue pour renouer avec cette mémoire enfouie. Les lieux sont restés quasi-inchangés. L’enfance resurgit et les souvenirs s’inventent en faisant ces photos.


L'été avant l'orage fait partie de la trilogie La Trace

Certains souvenirs ne tiennent qu’à un fil. Et la photographie est une manière de ne pas les laisser s’échapper. Lorsqu’elle a retrouvé cette maison d’enfance perdue dans la campagne, Ingrid Milhaud avait la ferme intention de fixer ces images qui la hantaient. Elle en à tiré une série, L’été avant l’orage. Ce travail méticuleusement réalisé en argentique touche à quelque chose d’universel : l’enfance, la mémoire, l’innocence.

Ingrid Milhaud fait partie de ces rares photographes qui font passer dans la matière de leurs images quelque chose d’enfoui au plus profond d’eux mêmes. Ingrid est revenue presque trente ans après sur les lieux de son enfance à la campagne, une enfance heureuse dont les seules traces restantes étaient quelques clichés pris à l’époque avec un instamatic. Elle a retrouvé un appareil similaire dont elle a chargé artisanalement les cartouches en film Tri-X, afin de fixer une fois pour toutes ces souvenirs fuyants et entêtants d’êtres et de moments disparus. Mises en scène ou non, ces images surexposées sont avant tout des images mentales. Les tirages donnent toute leur fragilité à ces images en forme de rêve éveillé, semblant prêtes à disparaître à peine apparues.

Julien Bolle, Réponses photo n° 269, août 2014.


Série de 16 tirages argentiques tirées sur papier Foma 532 II accompagnés de 3 livres d'artiste

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